Elementor #76

La gestion des talents : un levier stratégique pour libérer la productivité

Nadia Antonin En France, la croissance de la productivité est en recul depuis la crise du Covid et n’a pas réussi à retrouver son niveau d’avant la crise, contrairement à des pays comme l’Allemagne, qui ont vu leur productivité augmenter depuis cette période. Le sixième rapport du Conseil national de productivité (CNP), publié en juillet 2026, indique que la productivité par tête n’était plus inférieure que de 0,7 point à son niveau de 2019, mais demeurait néanmoins environ 4 points en deçà de sa trajectoire tendancielle. A l’ère du numérique, « comment l’indicateur économique clé du progrès technologique peut-il être si médiocre ? Les économistes ont qualifié cela de « paradoxe de la productivité » (David Rotman, « Le paradoxe de la productivité », MIT Technology Review – Juin 2018. L’INSEE définit la productivité comme « le rapport, en volume, entre une production et les ressources mises en œuvre pour l’obtenir ». S’agissant de la gestion du capital humain, elle doit aller au-delà de la simple administration des ressources humaines. Il est impératif de mettre en place une gestion stratégique des talents qui englobe un ensemble de démarches visant à identifier, développer, mobiliser et fidéliser les compétences car la mauvaise gestion des talents est la pire ennemie de la productivité.  Lorsque qu’elle est correctement pensée, la gestion des talents garantit la pérennité de l’entreprise en tant qu’épicentre de la productivité. Elle permet de placer les bonnes personnes au bon endroit, de renforcer leur engagement et de favoriser une utilisation optimale des compétences. De nombreuses entreprises françaises font face à de sérieux écueils en matière de gestion des talents qui pèsent sur leur productivité et leur performance. Olivier Lagrée, conseiller en gestion des talents parle de « véritables péchés mortels tant il est difficile de s’en remettre ». Avant d’examiner les différentes stratégies pour améliorer la gestion des talents, quelques mots sur ce concept. Le concept de « gestion des talents » Les professeurs Robert E. Lewis et Robert J. Eckman, dans leur article « Talent Management : A Critical Review » (juin 2006) relatent trois courants de pensée concernant la gestion des talents : 1) le premier courant définit la gestion des talents comme « un ensemble de pratiques, de fonctions, d’activités ou de domaines de spécialisation typiques des services des ressources humaines , tels que le recrutement, la sélection, le développement et la gestion des carrières et de la succession » (J.S. Heinen, C. O’Neill, 2004, Hilton, 2000, Holsen, 2000) ; 2) la deuxième approche se concentre principalement sur « le concept de viviers de talents » (Kessler, 2002, Pascal, 2004) ; 3) le troisième courant s’appuie sur « le talent de manière générique, c’est-à-dire sans tenir compte des frontières organisationnelles ni des postes spécifiques ». Identifier les talents La première étape d’une politique efficace de gestion des talents consiste à repérer les profils à fort potentiel. Elle repose sur la capacité à évaluer les aptitudes naturelles, la motivation et le potentiel d’évolution d’une personne. Pour Van Duyne, des mauvais choix lors du recrutement peut mener à des « nominations à la Caligula », c’est-à-dire que les responsables n’hésitent pas à recruter les personnes qu’ils souhaitent, indépendamment de leurs compétences. Donner du sens et renforcer l’engagement La productivité ne dépend pas seulement des compétences techniques. Elle est aussi liée à la motivation et à l’engagement des collaborateurs. La gestion des talents doit intégrer une dimension humaine forte. Reconnaître les compétences, offrir des perspectives d’évolution, écouter les collaborateurs et instaurer un climat de confiance sont des postulats essentiels. La performance d’une équipe repose d’abord sur le bien-être et la motivation des personnes. Bien-être au travail et productivité La recherche académique s’intéresse de plus en plus au bien-être et à la qualité de vie au travail. D’après les différentes études réalisées, les salariés heureux sont plus productifs de 12 à 13 %. Ainsi, une étude de l’Université de Warwick révèle que le bien-être au travail favorise un gain de productivité de 12 % chez les salariés alors que les travailleurs malheureux sont 10 % moins productifs que la moyenne. Selon une étude d’Oxford Business School et British Telecoms, les salariés heureux sont 13% plus productifs que ceux qui ne sont pas heureux. Placer les bonnes personnes au bon endroit L’une des principales causes de perte de productivité réside dans l’inadéquation entre les compétences des collaborateurs et les missions qui leur sont confiées. Lorsqu’il y a un décalage entre les compétences d’un salarié et les exigences de son poste, la baisse de productivité est immédiate et se répercute à plusieurs niveaux de l’entreprise. A l’inverse, une bonne adéquation entre compétences et responsabilités favorise la performance, l’autonomie, la motivation et la qualité du travail. Faire du management un moteur de la gestion des talents Le management est un véritable accélérateur de productivité. Les mots d’ordre d’un manager doivent être les suivants : motivation, dynamisme et épanouissement des équipes, professionnalisme et confiance. Un leader charismatique sera capable d’identifier les talents, de valoriser les compétences, d’accompagner la progression et de proposer des missions en adéquation avec les capacités de chacun. Il faut casser le portrait peu flatteur du manager français que dressent les récentes enquêtes nationales et internationales. En matière de pratiques managériales, la France ne sort pas gagnante d’une comparaison avec ses voisins européens, pointe un rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) publié en mars 2025. Le véritable enjeu pour les entreprises n’est plus seulement de disposer de talents, mais de savoir les révéler et les mettre en situation de réussir. En définitive, une bonne gestion des talents est d’autant plus indispensable qu’elle constitue un enjeu majeur pour la compétitivité de la France. En faisant fi des compétences, du mérite et du potentiel de ses talents ou en créant des conditions qui les poussent à s’exiler, la France perd une partie de ses forces vives, ses créateurs de richesse, ses compétences, etc. Elle sacrifie sa productivité.

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Emmanuel Razavi, Jean-Marie Montali, Paris-téhéran, Le grand dévoilement, Les éditions du Cerf, 2026, 234 pages.

Les deux auteurs – de nationalité iranienne – grands reporters spécialistes du moyen orient ont écrit ce livre pour répondre aux expertises que nous pouvons lire dans les medias.il y a un écart considérable entre l’analyse et la réalité.  La dictature islamique qui est en place depuis 1979 ne fonctionne que par l’ultra violence. C’est un régime qui a peur de tout : peur de la liberté, peur des femmes…. En 2022 la mort de Masha Amini et le slogan « Femme Vie Liberté » ont montré que le peuple iranien n’a plus rien à perdre. En Iran, la hausse des prix, l’effondrement du pouvoir d’achat, la crise environnementale sont les conséquences directes d’un régime mafieux fondé sur la corruption, la prédation et la répression. Les iraniens ne demandent pas une réforme du régime, ils veulent sa disparition. C’est une insurrection contre un système totalitaire et sclérosé. Beaucoup d’iraniens ne comprennent pas pourquoi nous les regardons tomber en silence…et pourquoi nous réagissons si peu, si tard et si faiblement. La jeunesse iranienne ne veut plus de ce système verrouillé. Bloomberg a mené une enquête qui a jeté une lumière crue sur l’empire financier- piloté par la structure dirigeante- bâti sur la confiscation des biens. Elle représente des actifs de plusieurs milliards de dollars. Des réalités financières – qui au-delà de leur caractère illicite- contrastent pour le moins avec l’image de piété et d’austérité promue par les médias d’état et le pouvoir de l’ayatollah et de sa famille. Ce livre est une leçon d’histoire, de géopolitique et d’humanité. Emmanuel Razavi collabore aux rédactions internationales du figaro, paris match franc-tireur   Atlantico… Jean-Marie Montali a été directeur exécutif du figaro magazine, du parisien. Ils sont les auteurs de plusieurs ouvrages sur e moyen orient Michel Gabet

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Fabien ELOIRE, Le tournant de la finance, Ed Action publique, 328 pages, Juin 2026.

Au milieu des années 70, le monde financier français est au bord d’une grande transformation que certains ont nommé la financiarisation de l’économie française. Dix ans plus tard, les mesures ont été prises. Ce livre s’intéresse aux évènements qui ont produit ces changements et aux réformes élaborées dans les ministères et les administrations qui ont mené à une nouvelle configuration de l’action publique dans les domaines monétaires et financiers. En s’intéressant aux acteurs qui étaient à la manœuvre et aux enjeux qu’ils poursuivaient, en étudiant leurs discours et justifications et en décrivant le fonctionnement de leurs institutions d’appartenance, la démarche sociologique qui est au centre de cet ouvrage, démontre la complexité qu’il y a à appréhender une trajectoire de réforme, démonstration réussie dans ce livre. Il s’agit de décrire et commenter la période 1980-1986 au cours de laquelle ont été initiés des changements de grande ampleur dans les domaines monétaires et financiers :                -Fin des accords de Bretton Woods (1973) et chocs pétroliers (1973, 1979) : instabilité monétaire et nécessité de réformes.              -Arrivée au pouvoir de la gauche en 1981, puis réorientation économique à partir de 1983 (désinflation compétitive).             -Gouvernement Fabius (1984‑1986) et ministre de l’Économie Pierre Bérégovoy : acteurs centraux des réformes. La première partie de l’ouvrage est consacrée à la période qui précède les réformes monétaires et financières du Tournant de la rigueur (1981683), elle analyse les mécanismes qui ont conduit au passage d’une relance à une politique plus conforme à la doxa en matière de politique économique fondée sur le maintien des grands équilibres. La deuxième partie traite des réformes monétaires et financières proprement dites (marchés de capitaux, politique du crédit, modernisation de la bourse). Elle s’intéresse tout particulièrement aux coulisses de l’administration centrale et au travail bureaucratique de conception et de mise en œuvre des mesures par les fonctionnaires de la direction du Trésor en lien avec la Banque de France et le cabinet du ministre de l’Economie et des finances. Cette analyse est passionnante en ce qu’elle décrit le rôle de pédagogie menée par des hauts fonctionnaires à l’endroit de leurs homologues, du parti socialiste, du Parlement et surtout la méthodologie explicative retenue par Jacques Delors et Pierre Bérégovoy. La troisième partie analyse la trajectoire des réformes poursuivie par l’Etat français dans une optique « néo-libérale ». Derrière les débats économiques, s’affirment aussi des enjeux symboliques et géopolitiques et le choix de l’Europe pèse sur les orientations économiques des socialistes. Est rappelée l’existence d’un « Livre blanc » rédigé par les membres du cabinet Bérégovoy (sous l’impulsion et la coordination de JC Naouri) considéré comme l’outil de travail le plus complet pour connaitre l’ensemble des mesures prises durant cette période et invoque « la modernisation de l’économie, la réconciliation de l’entreprise avec la société, l’équilibre des comptes ». La quatrième partie revient sur les origines de la nouvelle stratégie économique de désinflation. Bourdieu est convié dans les réflexions car selon lui, il faut connaitre « l’état de l’opinion de la fraction mobilisée et organisée des opinion makers ». L’auteur confirme que l’homogénéité des parcours et des origines socio-économiques de ces « influenceurs », les « pionniers » et les « nouveaux ralliés » est clé dans l’élaboration de cette politique « néo-libérale ». La conclusion fait le lien entre ces réformes du financement de l’économie des années 1980 qui touchent aux structures mêmes des institutions monétaires et financières françaises, et le mouvement de financiarisation de l’économie qui est diffusé dans la décennie suivante. Enfin l’auteur sort de son rôle de recherche et de commentaires des faits pour indiquer que ce monde d’après « dérégulé, libéralisé, flexibilisé » a favorisé « ceux qui détiennent le capital ». Cet ouvrage passionnera ceux qui ont vécu cette période qui a changé considérablement leur façon de travailler, et ceux qui au-delà de rappeler des mesures structurantes pour l’économie française, s’intéressent à la « fabrique de la loi et des règlements » de façon sociologique. Un livre passionnant ! Dominique Chesneau

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Isabelle GUERIN. La femme endettée. Collection La Découverte économie politique 394 pages

Fruit d’enquêtes sur deux décennies et de collaboration locales, l’auteure nous invite à un voyage, dans le temps et l’espace, pour illustrer la singularité de la femme dans la cybernétique humaine, à partir de cas concrets puisés principalement en Asie et en Afrique, mais aussi plus modestement dans le passé occidental. L’ouvrage est centré sur la femme dans toutes ses dimensions : génitrice, épouse, mère mais aussi dans son rôle central de gestionnaire du quotidien et dans l’équilibre de la cellule familiale. Les différents témoignages soulignent sa fonction vitale dans la vie communautaire et dans l’équilibre économique souvent précaire de la famille. Précarité générée et entretenue par la conjugaison de plusieurs facteurs : chômage endémique touchant les hommes principalement, rapports humains tributaires de la position sociale dans la communauté, survivance de pratiques génératrices d’endettement (Dot, mariage), politique commerciale agressive du secteur bancaire et des différents intermédiaires, pyramide des âges déformée par la forte proportion de jeunes en besoin de formation donc de soutien financier, modifications des ressources traditionnelles, émergence de nouveaux besoins … Sur la femme reposent majoritairement la gestion du poids de la dette et des engagements financiers vis-à-vis des prêteurs, communauté ou banquiers ou usuriers. Cela implique des négociations difficiles aux résultats problématiques, obtenus parfois en contrepartie de faveurs, le corps de la femme devenant une monnaie d’échange ou de facilitation. Cette sexualisation dans le processus, est un paramètre non mineur principalement en Afrique malgré les tentatives de financements alternatifs, tel que le microcrédit ou ceux mis en place par des congrégations religieuses. Par ailleurs les prêteurs privilégient les engagements féminins réputés plus fiables et renforcent ce lien prêteurs / emprunteuses. En résumé dans un système traditionnellement patriarcal, les qualités reconnues aux femmes, leurs permettent d’occuper une place centrale dans la vie de la famille, de la communauté et dans l’environnement économique et social. En contrepartie de la charge mentale, physique et sexiste est leur quotidien, les femmes trouvent souvent un exutoire jubilatoire dans les liens qui les unissent. Cet état d’indivisibilité tend à se réduire avec l’émergence d’une nouvelle génération plus éduquée. Ouvrage largement documenté, résolument féministe, permettant d’entrer dans l’intimité des cas étudiés sur une longue période et à travers eux d’approcher d’autres cultures mais aussi de revivre la réalité européenne fin 19ème, début 20ème siècles. Isabelle GUERIN Socioéconomiste. Directrice de Recherche à l’IED et au CESSMA, affiliée à l’Institut français de Pondichéry. A cofondé et codirigé l’Observatoire des dynamiques rurales et des inégalités sociales en Inde du Sud. Elle a publié de nombreux ouvrages sur la financiarisation des inégalités, la résistance qu’elle suscite et la manière d’enquêter qui fait dialoguer les vies et les chiffres. Fiche lecture Hubert ALCARAZ

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Jean-Hervé Lorenzi & Alain Villemeur, Guerre et Paix entre salaires et profits, Eds Odile Jacob, 2026, 196 pages.  

Les auteurs partent d’une question ancienne mais redevenue centrale : comment répartir la richesse créée entre le travail et le capital de manière à favoriser simultanément la croissance, l’emploi et la cohésion sociale ? À leurs yeux, le débat contemporain sur la fiscalité, le pouvoir d’achat ou les inégalités ne peut être compris sans revenir à cette question fondamentale de la répartition des revenus. Ils contestent notamment l’idée selon laquelle une augmentation de la part des profits finirait mécaniquement par bénéficier à l’ensemble de l’économie grâce à davantage d’investissement et de croissance. Leur raisonnement est que des profits élevés ne constituent pas en eux-mêmes une garantie de croissance : si une part trop importante de la richesse est captée par le capital au détriment des salaires, la consommation et donc la demande s’affaiblissent À l’inverse, une économie qui privilégierait excessivement les salaires au détriment des profits risquerait de réduire la rentabilité des entreprises, leur capacité d’investissement et surtout leur aptitude à financer l’innovation. Il faut réconcilier Keynes et Schumpeter dans un même modèle de croissance. Selon leurs travaux et la confrontation avec l’histoire économique, notamment aux USA et en Corée du Sud, ils arrivent à un équilibre : cet équilibre serait particulièrement favorable à une croissance durable et riche en emplois. Il permettrait à la fois de maintenir une demande suffisamment dynamique et de laisser aux entreprises les ressources nécessaires pour investir et innover. Cet équilibre est d’environ deux tiers des revenus pour les salaires et un tiers pour les profits Les auteurs introduisent également une distinction importante entre les différentes formes d’investissement. Ils estiment notamment que les investissements de rationalisation, qui visent à accroître la productivité en substituant du capital au travail, ne devraient pas représenter plus d’environ un tiers de l’investissement total Dans la seconde moitié du livre, l’analyse devient plus spécifiquement française. Lorenzi et Villemeur associent la question de la répartition aux problèmes du vieillissement démographique, du financement de la protection sociale et de la situation des jeunes, avec notamment la montée des difficultés d’accès à l’emploi et au logement. Ils considèrent que ces déséquilibres risquent d’alimenter un conflit non seulement entre salariés et détenteurs du capital, mais également entre générations. Le livre débouche finalement sur la fiscalité. Les auteurs proposent huit principes fiscaux destinés à rapprocher l’économie française de cette répartition qu’ils considèrent comme optimale. Leur objectif est de réorganiser les incitations fiscales afin de favoriser davantage le travail, l’emploi, l’investissement productif et l’innovation avec l’ambition de remettre la France sur une trajectoire combinant croissance et progrès social sans augmentation globale de la pression fiscale. Jean-Hervé Lorenzi professeur émérite à Paris Dauphine, président des rencontres économiques d’Aix en Provence. Alain Villemeur est docteur en sciences économiques de l’université de Paris Dauphine Ph Alezard

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Aurélien Ragaigne, Jean-Laurent Viviani, Hélène Rainelli-Weiss, (coord.), Évaluer l’impact extra-financier des organisations, EMS, 2026.

Les vingt auteurs de l’ouvrage abordent la question de l’évaluation économique et financière des impacts ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) des activités des entreprises. Le sujet est difficile car il présente des dimensions à la fois réglementaires (loi Pacte, rapports de durabilité, comptabilité non financière, RGPD, etc.), comptables (cadre CRDS, principe de double matérialité, etc.), techniques (intégration des systèmes informatiques, utilisation de l’IA),  environnementales (ODD) et sociales (inclusion, égalité des sexes, etc.).  La prolifération des parties prenantes (actionnaires, personnel, clients, fournisseurs, banques, État, collectivités locales, réseaux sociaux, etc.) soumet les entreprises à un nombre croissant d’injonctions plus ou moins paradoxales et d’arbitrages entre actions à court ou à long terme, défensives ou offensives, d’actionnaires ou de partenariat, etc.  L’une des difficultés réside dans le choix des indicateurs (plus de 1 000 sont proposés par les experts comptables), dans leur conformité aux règles, cadres et normes français et européens, dans leur mesure et dans leur suivi dans le temps. Certaines entreprises sont tentées de ne choisir que des données facilement accessibles, toujours favorables, difficiles à vérifier, non étroitement surveillées, etc. Ces biais ne visent qu’à promouvoir l’image de l’entreprise auprès des investisseurs et des épargnants, sans qu’elle ne progresse en termes de performance durable et de bien commun. Les auteurs recommandent donc de passer d’une logique d’approche « mesurer pour communiquer » à une approche « mesurer pour comprendre, discuter et transformer ». Les trois coordinateurs de l’ouvrage sont professeurs d’université en sciences de gestionà l’Université de Rennes – IGR-IAE. J-J. Pluchart

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