Les vingt auteurs de l’ouvrage abordent la question de l’évaluation économique et financière des impacts ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) des activités des entreprises. Le sujet est difficile car il présente des dimensions à la fois réglementaires (loi Pacte, rapports de durabilité, comptabilité non financière, RGPD, etc.), comptables (cadre CRDS, principe de double matérialité, etc.), techniques (intégration des systèmes informatiques, utilisation de l’IA), environnementales (ODD) et sociales (inclusion, égalité des sexes, etc.). La prolifération des parties prenantes (actionnaires, personnel, clients, fournisseurs, banques, État, collectivités locales, réseaux sociaux, etc.) soumet les entreprises à un nombre croissant d’injonctions plus ou moins paradoxales et d’arbitrages entre actions à court ou à long terme, défensives ou offensives, d’actionnaires ou de partenariat, etc.
L’une des difficultés réside dans le choix des indicateurs (plus de 1 000 sont proposés par les experts comptables), dans leur conformité aux règles, cadres et normes français et européens, dans leur mesure et dans leur suivi dans le temps. Certaines entreprises sont tentées de ne choisir que des données facilement accessibles, toujours favorables, difficiles à vérifier, non étroitement surveillées, etc. Ces biais ne visent qu’à promouvoir l’image de l’entreprise auprès des investisseurs et des épargnants, sans qu’elle ne progresse en termes de performance durable et de bien commun. Les auteurs recommandent donc de passer d’une logique d’approche « mesurer pour communiquer » à une approche « mesurer pour comprendre, discuter et transformer ».
Les trois coordinateurs de l’ouvrage sont professeurs d’université en sciences de gestion
à l’Université de Rennes – IGR-IAE.
J-J. Pluchart


