L’auteure compare les recettes fiscales et les dépenses publiques entre les pays de l’Union européenne. Elle constate que les dépenses publiques françaises sont les plus élevées rapportées au PIB mais que leur efficience est une des plus faibles d’Europe. Elle soutient que le recours au privé pour certaines dépenses est inefficient : « Nous y perdons deux fois : individuellement, parce que payer chacun de son côté coûte plus cher que mettre dans un pot commun ; collectivement, parce que moins investir dans l’éducation, l’environnement, les transports, c’est réduire nos perspectives à long terme. » Elle propose un ensemble de mesures concrètes visant à améliorer la productivité et la qualité des services publics, ainsi qu’à relancer les dépenses collectives en faveur de la protection de l’environnemment, de l’amélioration de l’éducation et du développement des infrastructures (commerces, usines, services publics, transports publics, routes). Elle préconise par ailleurs de stimuler par un ensemble d’actions fiscales et sociales les créations d’emploi et le perfectionnement des compétences. Elle privilégie la mise en œuvre d’une politique raisonnée plus axée sur l’offre que sur la demande.
L’auteure dénonce également la concentration excessive du patrimoine français en grande partie improductif. La hauuse des cours boursiers en longue période et les plus values immobilières favorisent l’accumulation du capital suivant un processus systématique et récurent. Avec le vieillissement de la population, il en résulte plus de rentiers que d’entrepreneurs, d’héritiers que de créateurs, d’inactifs que d’actifs. C’est pourquoi, l’auteure propose d’instaurer un processus vertueux à caractère social, réglementaire, financier et fiscal, contribuant à relancer l’investissement, l’emploi et la croissance, mais aussi la mobilité sociale.
Anne-Laure Delatte est directrice de recherche au CNRS, attachée à l’Université Paris Dauphine et Fellow au Center for Economic Policy Research.
Chronique rédigée par jean-jacques pluchart


