L’ambition du livre est de « revisiter à la lumière de la situation actuelle de la France du XXIe siècle, l’œuvre d’un grand économiste français méconnu dans son pays mais reconnu à l’étranger. L’économiste Florin Aftalion déclarait à propos de Bastiat : « la compréhension de Bastiat des rouages de l’État était tellement fine qu’il a prévu l’instauration de la Sécurité sociale et qu’elle serait déficitaire avant même qu’elle n’existe ». Michel Albouy montre bien dans son livre toute l’actualité de la pensée de Bastiat plus de 150 ans après.
Bastiat considère que « la défense du marché et de la concurrence apparaît comme l’une des plus éclairantes pour notre époque de regain du socialisme et de l’interventionnisme ». Il se demande « pourquoi nous payons de si lourds impôts », pourquoi l’éducation nationale peine autant à bien enseigner aux jeunes français, pourquoi une guerre ne crée pas d’emplois… En se posant ces questions, Bastiat s’avère être un « visionnaire ». Pour lui, « le marché et le libre-échange sont les fondements de la prospérité des nations », le protectionnisme est récessif et le blocage des prix crée des pénuries. Bastiat critique l’incohérence du citoyen qui approuve les subventions aux entreprises mais critique les hausses d’impôts. Le fondement de la pensée de Bastiat repose également sur la propriété privée, qui est un droit naturel antérieur à la loi, constitue « un rempart contre l’arbitraire de l’État » et un facteur de liberté. Il est un fervent défenseur de l’économie de marché qui permet de « répondre aux véritables besoins de gens ordinaires », car ce sont « les gens les plus modestes, les peuples les plus pauvres, qui ont intérêt à la concurrence ».
Michel Albouy prend prétexte d’une bibliographie de Frederic Bastiat pour préciser sa propre conception du rôle social des économistes, qui est d’expliquer les conséquences des politiques économiques et d’éclairer les décisions publiques. C’est précisément ce qu’a fait Frédéric Bastiat à travers ses ouvrages et ses articles.
Michel Albouy est professeur émérite de finance. Il a notamment observé que « c’est l’actionnaire qui finance son propre dividende » ou qu’en cas d’offre publique d’achat, on dénonce les licenciements qui s’ensuivent en oubliant que « l’entreprise visée était mal gérée et/ou que la fusion allait permettre de sauver ce qui peut encore l’être ».


