L’ouvrage se présente comme un vade mecum comportant des réponses à 50 questions fréquemment posées en matière de fiscalité de l’héritage. L’ouvrage est organisé en trois parties traitant le rôle de l’héritage dans la vie sociale, le déclin des droits de succession, puis formulant des propositions de réforme des dispositifs actuels.
Une des problématiques fiscales les plus sensibles porte en France depuis plusieurs décennies sur la taxation du capital (immobilier et financier) et de l’héritage, notamment depuis la parution de l’ouvrage de Piketty, Le capital au XXI e siècle (2021). Ce dernier propose un « Grand Transfert » du capital entre les seniors (détenteurs de 60% du patrimoine privé national) et les jeunes générations. Cette question a été traitée par d’illustres économistes et sociologues, comme Atkinson, Friedman, Rawls, Pikettey, Sen… Elle constitue un révélateur du positionnement économique et social des français. Elle est d’autant plus clivante qu’elle oppose ou divise les générations, les ménages (plus ou moins fortunés), les mouvements politiques et les gouvernements européens. Pourtant, l’héritage n’a jamais été aussi peu taxé en France (il engendre moins de 1% des recettes de l’État); c’est pourquoi la tentation est de plus en plus grande de redresser les comptes publiques en « surtaxant les riches », mais cette mesure radicale est de nature à intensifier l’exil fiscal. Des réformes « systémiques » sont notamment préconisées puis rapidement oubliées, comme la dotation d’un héritage minimum en début de vie active, la surtaxation d’héritages issus d’autres héritages ou produits par des rentes improductives…
Afin d’orienter l’épargne faiblement productive placée dans des comptes de trésorerie, et des obligation d’État, plusieurs économistes (Artus et Viard, 2022) ; Tirole et Blanchard, 2021 ; Masson, 2025) proposent des formules hybrides conjuguant des incitations aux donations, la création de nouvelles tranches d’imposition (jusqu’à 60%) des transmissions, des exemptions d’impôts sur les produits des « placements d’avenir » destinés à financer des projets à très long terme (jusqu’à 25 ans) répondant aux principes ESG.
André Masson est directeur de recherche au CNRS et à l’EHESS, ainsi que chercheur à L’École d’économie de Paris.
Jean-Jacques Pluchart


