Après la parution de son premier ouvrage, publié en 2021, consacré à la Société de consommation, l’auteure livre ses réflexions sur l’évolution du consumérisme en France.
L’analyse des dernières données nationales reflète une tendance lourde d’un tassement progressif de la consommation, l’inflexion s’explique par la conjonction de plusieurs paramètres : une population vieillissante aux besoins largement satisfaits, une saturation des besoins matériels et des ménages de plus en plus contraints. Paradoxalement notre société est globalement riche mais les besoins fondamentaux de tous les individus ne sont pas satisfaits. Mécaniquement ce taux d’insatisfaction devrait progresser avec la diminution du pouvoir d’achat et un coût de la vie qui ne cessera d’augmenter.
Cette détérioration des conditions de vie, les contraintes environnementales et climatiques, pèseront de plus en plus fortement dans nos comportements et nos décisions, sources de tensions entre individus et au-delà entre citoyens et la puissance publique, exigeront des arbitrages et une nouvelle approche de satisfaction des besoins matériels et immatériels. La satisfaction des besoins fondamentaux, matériels ou immatériels, dans ce contexte de contraction de l’économie demandera une inversion de la pyramide actuelle des Besoins (Base) et des écosystèmes naturels (Sommet), par une nouvelle hiérarchisation : besoins des écosystèmes naturels (Base) et Economie (Base).
Ce renversement de priorités se traduira par un changement profond pour les consommateurs, les producteurs et par des incitations fortes de la sphère politique pour d’une part, satisfaire aux objectifs environnementaux de 2050 (Neutralité carbone) en développant plusieurs actions : l’économie circulaire, le recyclage, l’occasion plutôt que le neuf, la conception des produits, le développement des services, la taxation des produits et services à fort impact environnemental, quotas globaux et individuels … Et d’autre part satisfaire les besoins fondamentaux, en n’excluant pas le recours à une taxation plus pénalisante sur les revenus, la propriété, l’héritage … L’auteure s’appuie sur les études et projections de l’ADEME,
sur l’avis de certains experts nationaux et puise abondamment dans la littérature internationale.
Questionnement : la transposition de la trajectoire voulue pour la France nécessiterait pour être exportée, même au sein de l’Europe, beaucoup de pédagogie tant les situations et les intérêts nationaux peuvent diverger et même s’opposer. Certains points efleurés demanderaint plus d’approfondissement sur les impacts carbone, environnementaux, sociaux et sociétaux sur de nombreux dossiers : voiture électrique, traités internationaux sur l’agriculture, énergies intermittentes….
Cécile Désaunay, directrice d’études à Futuribles. En 2021 dans la collection Manifestô « La société de déconsommation, la révolution du vivre mieux en consommant moins »
Hubert ALCARAZ


