Au XXIème siècle, la religion prospère dans le monde entier, malgré son déclin apparent dans certaines parties de l’Europe et de l’Amérique. Depuis toujours, les différents mouvements religieux se livrent à une concurrence acharnée pour la richesse et le pouvoir.
Dans cet ouvrage, l’auteur affirme que les mouvements religieux sont une forme particulière d’entreprise et en tant que telles sont bien autre chose : ce sont des communautés, des objets d’inspiration ou d’inquiétude pour les observateurs extérieurs, des creusets d’ambition et de frustration pour les recrues, ou encore le théâtre des espoirs satisfaits ou déçus de ceux qui y investissent leur vie ou leur fortune. C’est la pluralité des services proposés qui a permis aux religions de se consolider et d’exercer leur pouvoir.
Si l’on s’en tenait à la « promesse » du titre tendant à présenter les religions en tant qu’économie politique, on serait déçu. Mais l’on aurait tort. L’ouvrage est restreint sur ce sujet mais il est exhaustif en matière sociologique, et ce livre est une revue universitaire de l’histoire du développement des religions. Il ne s’agit pas de confirmer le concept de religion naturelle chère à René Guénon, mais d’expliquer pourquoi, hors de tout besoin spirituel, qui n’est pas nié mais pas traité ici, et comment les religions sont apparues puis se sont développées et consolidées ; depuis les religions spiritualistes jusqu’aux monothéismes historiques et actuels.
Ce livre tente de traiter certaines questions difficiles de trois ordres : à quels besoins individuels ces mouvements religieux répondent-ils ? La religiosité est elle un ensemble de traits divers sans point commun ? Pourquoi a-t-on pu dire que les femmes sont e moyenne plus religieuses que les hommes ? pourquoi la religion semble être en déclin dans certaines régions du monde et florissante ailleurs ? Viennent ensuite les questions liées à leur organisation ? Viennent enfin les questions politiques portant sur le pouvoir, ses usages et se dérives.
« Les religions doivent leur forme actuelle à la concurrence à laquelle se livrent ces plateformes de service pour attirer de nouveaux membres et de nouvelles ressources, concurrence qui détermine la marge de manœuvre des mouvements religieux et de leurs soutiens politiques pour leu siècle à venir.
Le livre est structuré comme un document universitaire : au début de chaque partie et chapitre se trouve un résumé de ce qui suit. Cela rend l’ouvrage facile à lire, à comprendre et à retenir.
Chaque personne intéressée par ce sujet d’actualité dans notre monde incertain travaillé par l’influence des religions, cet ouvrage sociologique de très haute tenue doit le lire !
Dominique Chesneau


