Après une première publication en septembre 2024, les auteurs publient une nouvelle édition en format poche. Ce livre couvre principalement la période de forte inflation observée entre 2021 et 2024.
L’objectif du livre est de comprendre les causes ayant engendré de l’inflation sur cette période et de montrer que « l’inflation est avant tout une affaire politique ».
Après avoir présenté les différents indicateurs permettant d’analyser les évolutions des prix, les auteurs s’attardent sur ses conséquences au sein de la société. « D’après l’OFCE, les 60% des ménages les plus modestes ont subi une inflation plus élevée que la moyenne, alors que les 30% les plus aisés ont supporté une inflation moindre » : les privations pour certains contre la réduction des superflus pour d’autres.
Les auteurs estiment que les profits générés par les secteurs de l’énergie, de l’agroalimentaire ou dans l’industrie manufacturière expliquent une partie importante de l’inflation. Les prix ont le plus augmenté dans les secteurs avec un déficit d’offre lié aux pénuries ou aux ruptures dans les chaînes d’approvisionnement.
En dehors des chocs liés à l’énergie, ils estiment que des catégories d’acteurs économiques ont un rôle dans la hausse des prix au travers de leurs rôles dans les rapports sociaux : l’action des actionnaires et des dirigeants d’entreprises, les hausses de salaires demandées par les travailleurs ou l’Etat via ses mesures fiscales.
Un chapitre est dédié à la politique monétaire de la BCE qui cible le taux d’inflation proche de 2%. Cette politique a montré qu’il est plus facile de ralentir l’inflation avec la hausse des taux directeurs que de générer de l’inflation dans un contexte de croissance molle voire nulle. Ils remettent en cause cette politique monétaire d’un autre temps qui est un frein dans une période où la transition écologique nécessite un vaste plan d’investissement public.
Eric BERR est maître de conférences en économie à l’université de Bordeaux. Ses recherches portent sur les questions de dette, et plus généralement de financement des économies, ainsi que sur les politiques macroéconomiques et sur la soutenabilité des modèles de développement.
Sylvain BILLOT est statisticien économiste, diplômé de l’Ensae qui forme les administrateurs de l’Insee. Il est spécialiste de comptabilité nationale.
Jonathan MARIE est professeur en économie à l’IHEAL-Creda, Université Sorbonne Nouvelle. Ses recherches s’effectuent dans le domaine de la macroéconomie.
Note de lecture réalisée par Sophie FRIOT


