Les auteurs s’interrogent sur les évolutions des économies et des sociétés des 54 pays du continent africain. Ils constatent que ces évolutions sont de plus en plus contrastées. La croissance démographique y est une des plus élevées de la planète : la population africaine devrait être portée de 1,5 à 2,5 milliards habitants entre 2025 et 2050 ; à l’échelle mondiale, un jeune sur trois sera alors africain. Si la croissance économique demeure soutenue (en moyenne 4% en 2025), des différences sensibles sont observées d’une zone à l’autre. La croissance semble être plus durable en Afriques de l’est et de l’ouest qu’en Afriques du nord et australe. Le taux moyen d’endettement public reste modéré (environ 60% du PIB), mais il diffère sensiblement d’un pays à l’autre. La Chine, la Turquie et les Pays du golfe persique remplacent progressivement les pays occidentaux parmi les créanciers, et les aides internationales (FMI, Banque Mondiale…) ont tendance à se réduire. Les auteurs observent également que l’Afrique affronte à la fois des crises mondiales (pandémique, financière, énergétique), mais qu’elle est également affectée par des handicaps spécifiques (surexposition au réchauffement climatique, fluctuations erratiques des cours des matières premières, épidémies diverses, conflits ethniques…).
L’ouvrage est organisé en trois parties. La première est centrée sur les défis rencontrés par l’agriculture confrontée à de multiples difficultés dues au réchauffement climatique, aux enjeux écologiques, aux aléas des marchés internationaux, au manque de financement, aux impacts de la déforestation sur la flaune et la flore. Les auteurs déplorent le manque d’intervention publique et d’éthique de certains acteurs économqiues. Dans la seconde partie, les auteurs s’interrogent sur la sécurité alimentaire et sanitaire. Ils soulignent les progrès réalisés, notamment grâce à l’action des associations internationales. Ils invitent les Etats à mieux déléguer aux collectivités locales. La troisième partie porte sur le développement de l’économie numérique dans les activités économiques et dans la formation. L’influence croissante des réseaux sociaux et de la désinformation sur la jeunesse africaine inquiète les sociologues qui recommandent une profonde réforme des méthodes pédagogiques dans les établissements africains.
Les 28 auteurs sont des enseignants-chercheurs , des ingénieurs et des hauts fonctionnaires africains.
Jean Jacques Pluchart


