Jean-Jacques Pluchart
Le club Turgot a assisté au séminaire sur l’assurance et la réassurance des risques systémiques.
Daphné Le Conte des Floris (AXA) a présenté la dernière étude d’AXA sur la perception des grands risques en 2025, à partir d’une enquète auprès de 23 000 assurés et de 3600 experts dans 27 pays. L’enquète révèle la montée des impacts des sinistres depuis les années 2000. Les principaux facteurs sont, dans l’ordre des citations, le changement climatique, la cyber-sécurité, l’instabilité géo-politique (depuis 2025), les fractures sociales (surtout en France), les atteintes à la biodiversité. L’enquète indique également que les répondants ont conscience de l’insuffisance de la gouvernance actuelle de l’assurance des polycrises dans les régimes démocratiques.
Rémy Lecat (ACPR) rend compte des stress- tests réalisés parl’ACPR afin de couvrir les risques engendrés par les transitions climatiques et énergétiques. Les tests montrent que la couverture des impacts des émissions de CO2 peut être jugée dans l’ensemble satisfaisante , mais que des différences notables peuvent être observées d’une région et d’un secteur d’activité à l’autre. Les tests ont également portés sur la couverture des sinistres immobiliers entrainés par la rétractation de l’argile et par les ruptures de barrages. Ils montrent que les chaines de valeur des entreprsies peuvent être gravement affectés par certains risques. Ces impacts croissants seront de plus en plus couverts par des relèvements de primes et des franchises, mais aussi par des contibutions de plus en plus importantes des réassureurs et des Etats.
Amélie Breitburd (experte indépendante) propose de créer des plateformes internet interactives au service des assurés, regroupant des assureurs, fonds de pension, courtiers, mutuelles, agents de private equity…, sur le modèle de la plateforme créée par la Lloyds. Ces plateformes permettraient – par exemple sous un statut d’ EUInc – de collecter les données sur les sinistres, de calculer les préjudices, de mutualiser les couvertures et d’assurer leur back office.
Edouard Viellefond (CCR) présente ensuite le dispositif français de “Catastrophes Naturelles” (CATNAT), qui organise l’indemnisation des dommages causés par des phénomènes naturels d’intensité exceptionnelle. Ce régime d’indemnisation est activé après un arrêté ministériel reconnaissant l’état de catastrophe naturelle. Il intervient pour des événements naturels non assurables par des garanties classiques, comme les inondations et coulées de boue, les séismes, les mouvements de terrain, les avalanches et les cyclones. Mais CATNAT est un régime d’indemnisation déficitaire depuis 9 ans, le coût des catastrophes naturellesne cessant de s’accroitre pour atteindre 6,5 milliards d’eurosen France en 2023. Une réforme en 2023-2024 a imposé une augmentation de la surprime CatNat (intégrée dans les contrats habitation et entreprise), afin de renforcer les ressources du régime face à une sinistralité climatique en forte augmentation. La réforme introduit également une « présomption de refus d’assurance », facilitant l’accès à une couverture des sinistrés non assurables.
Un participant au séminaire fait observer que la couverture des grands risques est de plus en plus assurée par les sinstrés eux mêmes (non assurés ou frappés de franchises élevées) et par l’Etat (de plus en plus sollicité). Un autre congressiste constate que plus les sinstres sont nombreux et importants, plus les résutats financiers des assureurs sont élevés.
Au niveau européen, trois directives encadrent les activités d’assurances-vie et non-vie : Solvency I (mise en place dans les années 1970), qui harminise les règles miniales de couverture ; Solvency II (2016), qui fixe les règles de calcul du capital selon les risques réels (de marché, de crédit, de souscription , opérationnels (avec 2 niveaux de capital) et qui définit les conditions de gouvernane et de reporting des assureurs ; Solvency 3, actuellement en discussion.


