Ce best seller mondial est structuré en trois parties, chacune présentant un aspect différent du développement des réseaux humains.
La 1ere Partie « Réseaux humains » retrace les origines historiques des réseaux d’information, en se concentrant sur la manière dont les formes primitives de communication, telles que la narration et les mythes, ont permis une coopération humaine à grande échelle. II soutient que les mythes sont au cœur de l’évolution des sociétés humaines, permettant à des individus qui ne se connaissent pas personnellement de coopérer sous des croyances et des symboles partagés.
Dans le Chapitre 1 « Qu’est-ce que l’information ?’ », Harari aborde le concept d’information, expliquant qu’elle est la pierre angulaire des sociétés humaines et du monde naturel. Il affirme que l’information est plus que de simples symboles ou langages créés par l’homme – elle englobe tout, de l’ADN aux mouvements des corps célestes. Harari introduit l’idée que l’information a toujours existé dans la nature, mais ce qui différencie les humains, c’est la façon dont ils ont appris à la stocker, à la traiter et à la diffuser à travers des réseaux complexes. Il introduit une dimension philosophique en s’attaquant à la difficulté de définir l’information dans des domaines tels que la physique et la biologie. Plutôt que de proposer une définition universelle, Harari se concentre sur le rôle historique de l’information en tant qu’outil de construction de réseaux de coopération. L’un de ses principaux arguments est que les humains ont historiquement compté sur une combinaison d’informations précises et de fictions (telles que les mythes et les religions) pour créer des sociétés vastes et cohésives.
Dans le chapitre 2, Harari plonge dans l’un de ses thèmes clés: le pouvoir des histoires dans la formation des sociétés humaines. Il explique que les histoires – mythes, légendes et récits religieux – ont agi comme des outils vitaux pour créer une cohésion sociale. Il soutient que ces histoires ne sont pas nécessairement basées sur l’exactitude factuelle, mais elles sont cruciales pour lier de grands groupes d’humains sous un système de croyance partagé. Par exemple, la croyance en des figures divines ou la légitimité de la royauté ont permis aux premières sociétés de mobiliser des ressources, d’organiser des armées et de maintenir l’ordre social. Les histoires ont été les premiers réseaux d’information à grande échelle, permettant aux humains de transcender les limites des petits groupes tribaux et de construire des empires et des civilisations.
Le Chapitre 3: Documents: La morsure des tigres de papier » porte sur le rôle des documents écrits dans l’histoire humaine, en particulier en tant qu’outil de bureaucratie et de gouvernance. Harari soutient que si les histoires créent le ciment émotionnel et idéologique des sociétés, les documents créent le cadre logistique qui permet aux sociétés complexes de fonctionner. Il explore comment les premières civilisations – comme la Mésopotamie et l’Égypte – utilisaient l’écriture non pas pour la poésie ou l’histoire, mais pour enregistrer les impôts, la propriété foncière et les lois. Le passage de la culture orale à la culture écrite a marqué une évolution significative dans la manière dont les sociétés géraient l’information. Harari souligne que les documents ont permis un stockage plus précis et à long terme des informations, rendant possibles de grandes bureaucraties. Il discute également de l’idée de « tigres de papier » – des systèmes bureaucratiques qui, bien que théoriquement puissants, s’effondrent souvent lorsqu’ils ne peuvent pas s’adapter aux nouvelles réalités.
Dans le chapitre « Erreurs: le fantasme de l’infaillibilité »’, Harari aborde l’un des problèmes centraux des réseaux d’information: leur tendance à échouer en raison d’erreurs, de problèmes de communication ou de la propagation de la désinformation. Il soutient que si les humains s’appuient sur les réseaux d’information pour créer de l’ordre, ces réseaux sont souvent construits sur des hypothèses erronées ou des mensonges flagrants. Harari utilise des exemples historiques comme les dogmes de l’Église catholique et les extrêmes idéologiques du nazisme et du stalinisme pour illustrer comment des réseaux puissants peuvent diffuser des informations erronées ou délirantes. L’un des thèmes clés ici est que les humains surestiment souvent la fiabilité de leurs réseaux d’information. Harari suggère que le fantasme d’infaillibilité – que ce soit dans le dogme religieux, les connaissances scientifiques ou l’idéologie politique – conduit souvent à des conséquences désastreuses lorsque la réalité contredit ces croyances. Il examine également le rôle des mécanismes d’autocorrection, tels que l’examen par les pairs scientifiques et les tribunaux indépendants, qui aident à prévenir la propagation de la désinformation dans les sociétés modernes.
Le Chapitre 5 « Décisions: une brève histoire de la démocratie et du totalitarisme » explore l’évolution des systèmes politiques à travers le prisme des réseaux d’information. Il oppose les systèmes démocratiques et totalitaires, en soulignant que chacun représente une approche différente du traitement de l’information. Les démocraties, selon Harari, reposent sur un réseau d’information décentralisé, où les idées et les opinions circulent librement, permettant aux citoyens de prendre des décisions éclairées. Les régimes totalitaires, quant à eux, cherchent à contrôler et à centraliser l’information, recourant souvent à la propagande et à la censure. Harari se plonge dans l’histoire des systèmes politiques, montrant comment la démocratie a évolué en réponse à la complexité des grandes sociétés, qui nécessitaient des réseaux d’information plus sophistiqués et distribués. Les systèmes totalitaires, bien qu’initialement puissants, s’effondrent souvent en raison de l’incapacité de traiter et de répondre avec précision à des informations complexes.
Dans le chapitre 6, « Les nouveaux membres »’: Dans ce chapitre, Harari passe à l’ère moderne en explorant comment les ordinateurs et l’intelligence artificielle diffèrent des technologies de l’information précédentes comme l’imprimerie. Il soutient que si les technologies précédentes étaient des outils pour amplifier les capacités humaines, l’IA représente quelque chose de totalement différent. L’IA peut traiter les informations de manière indépendante, prendre des décisions et même créer de nouvelles formes de connaissances sans intervention humaine. Harari souligne que ce changement a de profondes implications pour la société humaine. L’IA n’est pas seulement une extension de l’intelligence humaine, mais un nouveau type d’intelligence qui fonctionne sur des principes fondamentalement différents. Ce nouveau « membre » du réseau d’information remodèle tout, de l’économie à la guerre.
Le Chapitre 7 « Implacable : Le réseau est toujours allumé » explore la nature implacable des réseaux d’information modernes, en particulier à l’ère numérique. Contrairement aux réseaux antérieurs, qui fonctionnaient à la vitesse de la communication humaine, les réseaux d’aujourd’hui sont toujours actifs, traitant les données 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Harari examine les conséquences psychologiques et sociales de ce changement, en faisant valoir que les humains ne sont biologiquement pas préparés au flux constant d’informations. Il aborde également la question de la surcharge d’informations, où les individus sont bombardés de tant de données qu’ils ont du mal à leur donner un sens. Cela, selon Harari, conduit à un paradoxe : bien qu’elles aient accès à plus d’informations que jamais auparavant, les gens peuvent devenir plus mal informés ou déconnectés de la réalité.
Le chapitre 8 «Faillible : Le réseau a souvent tort » montre la faillibilité des réseaux d’information modernes, en particulier ceux pilotés par l’IA et les algorithmes. Il soutient que même si ces systèmes sont incroyablement puissants, ils sont également sujets à faire des erreurs. Harari cite des exemples concrets de systèmes d’IA produisant des résultats biaisés ou erronés, en particulier dans des domaines tels que la justice pénale, les soins de santé et les médias sociaux. L’argument central de ce chapitre est que les humains ont tendance à surestimer la précision et la neutralité des systèmes pilotés par l’IA. Harari prévient que, comme les sociétés s’appuient de plus en plus sur ces systèmes pour prendre des décisions, les conséquences de leurs erreurs deviendront plus graves.
La partie III « La politique informatique » se concentre sur les implications politiques et sociales de la montée de l’IA et des réseaux d’information numériques. Harari explore la tension entre la démocratie et le totalitarisme à l’ère numérique et les façons dont l’IA pourrait influencer les structures de pouvoir mondiales.
Le chapitre 9 « Démocraties: Pouvons-nous encore avoir une conversation? » montre comment l’IA et les technologies numériques perturbent le discours politique dans les sociétés démocratiques. Il soutient que la montée des plateformes de médias sociaux et des fils d’actualité basés sur des algorithmes a polarisé les sociétés et érodé la capacité d’avoir des conversations significatives. Harari suggère que ces plateformes sont conçues pour maximiser l’engagement, souvent en amplifiant les points de vue extrêmes et en diffusant de la désinformation. Harari prévient que la démocratie repose sur des citoyens informés qui peuvent s’engager dans un débat rationnel. Cependant, la structure actuelle des réseaux d’information numérique sape cela en créant des chambres d’écho et en déformant le discours public.
Le chapitre 10 « Totalitarisme : Tout le pouvoir aux algorithmes ? » examine comment l’IA pourrait renforcer les régimes totalitaires en leur donnant des outils de surveillance et de contrôle sans précédent. Harari soutient que les systèmes pilotés par l’IA peuvent traiter de grandes quantités de données, ce qui permet aux gouvernements autoritaires de surveiller plus facilement les citoyens, de réprimer la dissidence et de maintenir le pouvoir. Il établit des parallèles entre les technologies modernes de l’IA et les outils historiques de contrôle, tels que la propagande et la censure. Harari explore également la possibilité d’un avenir où l’IA, plutôt que les dictateurs humains, deviendrait l’autorité ultime. Dans ce scénario, les systèmes d’IA prendraient des décisions basées sur de vastes ensembles de données, sans aucune surveillance ou intervention humaine.
Le dernier chapitre « Le rideau de silicium : Empire mondial ou division mondiale ? « analyse les implications géopolitiques de l’IA et des réseaux d’information numériques. Il introduit le concept du « rideau de silicium », une nouvelle forme de division mondiale basée non pas sur l’idéologie mais sur l’accès et le contrôle de la technologie. Harari spécule que le monde pourrait se diviser en factions, certains pays ou régions prenant le dessus grâce à leurs prouesses technologiques, tandis que d’autres prennent du retard. Harari soulève également la question de savoir si l’IA conduira à la formation d’un empire mondial, où quelques géants ou pays technologiques détiennent un pouvoir sans précédent, ou si le monde se fragmentera en blocs concurrents.
Harari conclut le livre en exhortant les lecteurs à reconsidérer leurs hypothèses sur la technologie et son rôle dans la formation de la société. Il appelle à une attention renouvelée sur les éléments humains des réseaux d’information et met en garde contre les dangers d’une confiance aveugle dans l’infaillibilité de la technologie.
(J-J. Pluchart inspiré de KEETABI KEEDA CRITIQUES DE LIVRES ET PLUS)