Jean-Jacques Pluchart
La France est devenue le leader européen de l’IA. Le mapping IA 2025 de France Digitale, réalisé avec Sopra Steria Ventures et l’accélérateur H7, recense 751 start ups au 1er janvier 2025, en augmentation de 27% par rapport à mars 2023. Il « liste exclusivement les start ups créées depuis 2004, dont le siège social est basé en France, employant au moins 2 personnes et qui développent au moins un produit qui est basé sur, intègre ou sert au développement des technologies d’intelligence artificielle ».
L’écosystème français a levé 13 milliards d’euros et créé 36 000 emplois depuis mars 2023, et 92% d’entre elles ont l’intention de recruter en 2025, ce qui pourrait représenter 3 500 emplois supplémentaires. L’Île-de-France demeure le principal pôle d’innovation, concentrant 63% des start ups, suivie de l’Occitanie (6,5%) et de l’Auvergne-Rhône-Alpes (6,1%). Cependant, le mapping révèle qu’il reste de nombreux défis à relever en matière de financement, de recrutement, de puissance de calcul et de conquête des marchés (notamment publics) .
Les start ups exploitent des technologies de plus en plus variées : 43% des start ups développent l’IA générative, 47% des solutions basées sur le machine learning, le deep learning, la vision par ordinateur ou encore l’IA symbolique. Les secteurs d’application sont de plus en plus diversifiés, et les principaux sont la santé et les biotechnologies (13%), le développement de logiciels (9%), la data et le cloud (8%).
© France Digitale. Répartition des start-ups par secteur
Le mapping révèle également que 32 % des start ups françaises de l’IA sont déjà rentables, et que 54% d’entre elles prévoient de l’être d’ici trois ans. Ces performances s’expliquent par la pertinence de leurs business models : 27% proposent des « solutions sur étagère », 22% offrent des solutions personnalisables, 37% accompagnent leurs clients dans le déploiement, 13% codéveloppent leurs produits avec leurs clients. Leurs principaux clients sont les grandes entreprises (34%) et les ETI (20%). 60% des startups réalisent déjà une part de leur chiffre d’affaires à l’international.
Les deux tiers des startups ont obtenu des financements de classe A et 24 d’entre elles ont réalisé des levées de fonds de plus de 100 millions d’euros, soit 2,5 fois plus qu’en 2023.

L’accès aux données demeure un frein majeur pour 25% des start ups, qui souhaitent une régulation européenne de l’accès aux données. La puissance de calcul (11%) et le recrutement (13%) sont également cités comme des défis. La consommation énergétique pose également problème, bien que la France dispose de plusieurs data centers.
Selon Maya Noël, directrice de France Digitale, la compétition avec les États-Unis impose une approche collective : « La France est le hub européen des start ups de l’IA en Europe. Cependant, cette échelle nationale n’est réaliste pour personne : face à la compétitivité accrue des Etats-Unis, l’Europe doit maintenant constituer un écosystème uni qui offre des solutions clés en main pour accompagner le déploiement de l’IA dans les entreprises et dans les administrations publiques ».