
Anne-Laure DELATTE, Riches ensemble ! Du bon usage des dépenses publiques, Paris, Seuil, coll. « Essais », septembre 2026, 224 pages.
L’auteure compare les recettes fiscales et

KESLASSY Eric & RODRIGUES Christophe. La mondialisation fragmentée, De Boeck Supérieur, 2026, 320 pages
L’objet du livre d’Éric KESLASSY et

DESAUNAY Cécile, La société des besoins. Collection manifestô,155 pages.
Après la parution de son premier

DE LA LA CONSOMMATION INDIVIDUELLE EFFECTIVE REVELATRICE
POLITIQUE ECONOMIQUE DE LA FRANCE Jean-Jacques

Pierre Marie AUBERT, Vers un nouveau Modèle Agricole, Eds Odile Jacob, 2025, 224 pages.
L’auteur présente un nouveau modèle agricole,

Pierre-Antoine DONNET, Chine, la défaite de l’Occident, Editions de l’Aube 230 pages.
Depuis plus de deux décennies, les

Anne-Laure DELATTE, Riches ensemble ! Du bon usage des dépenses publiques, Paris, Seuil, coll. « Essais », septembre 2026, 224 pages.
L’auteure compare les recettes fiscales et les dépenses publiques entre les pays de l’Union européenne. Elle constate que les dépenses publiques françaises sont les plus élevées rapportées au PIB mais que leur efficience est une des plus faibles d’Europe. Elle soutient que le recours au privé pour certaines dépenses est inefficient : « Nous y perdons deux fois : individuellement, parce que payer chacun de son côté coûte plus cher que mettre dans un pot commun ; collectivement, parce que moins investir dans l’éducation, l’environnement, les transports, c’est réduire nos perspectives à long terme. » Elle propose un ensemble de mesures concrètes visant à améliorer la productivité et la qualité des services publics, ainsi qu’à relancer les dépenses collectives en faveur de la protection de l’environnemment, de l’amélioration de l’éducation et du développement des infrastructures (commerces, usines, services publics, transports publics, routes). Elle préconise par ailleurs de stimuler par un ensemble d’actions fiscales et sociales les créations d’emploi et le perfectionnement des compétences. Elle privilégie la mise en œuvre d’une politique raisonnée plus axée sur l’offre que sur la demande. L’auteure dénonce également la concentration excessive du patrimoine français en grande partie improductif. La hauuse des cours boursiers en longue période et les plus values immobilières favorisent l’accumulation du capital suivant un processus systématique et récurent. Avec le vieillissement de la population, il en résulte plus de rentiers que d’entrepreneurs, d’héritiers que de créateurs, d’inactifs que d’actifs. C’est pourquoi, l’auteure propose d’instaurer un processus vertueux à caractère social, réglementaire, financier et fiscal, contribuant à relancer l’investissement, l’emploi et la croissance, mais aussi la mobilité sociale. Anne-Laure Delatte est directrice de recherche au CNRS, attachée à l’Université Paris Dauphine et Fellow au Center for Economic Policy Research. Chronique rédigée par jean-jacques pluchart

KESLASSY Eric & RODRIGUES Christophe. La mondialisation fragmentée, De Boeck Supérieur, 2026, 320 pages
L’objet du livre d’Éric KESLASSY et Christophe RODRIGUES est de démontrer par des analyses historiques et économiques, comment la coopération économique des nations, qui se voulait garante d’une paix entre les états, est aujourd’hui « fragmentée ». Les effets de la mondialisation ont eu des effets notoires sur la démocratie. Dernièrement, le conflit russo-ukrainien a modifié l’organisation de la mondialisation, celle-ci tend vers un « mouvement de mondialisation entre amis » : les échanges internationaux s’organisent en fonction des affinités géopolitiques, freinant la croissance économique mondiale et entrainant l’inflation à la hausse. Ensuite, le livre revient plus précisément sur l’histoire de la mondialisation à travers les différents accords et traités. Fondés sur la coopération internationale, ces accords se sont opérés afin de mettre en place un ordre multilatéral sur le plan monétaire et commercial : la mise en place de l’étalon-or en 1870, les accords de Bretton Woods en 1944 pour organiser le nouveau système monétaire international après la seconde guerre mondiale. Les Etats-Unis sont devenus ainsi les créanciers du monde, et en ressortent avec une très nette domination économique, avec le dollar en devise clé. Puis viendra l’accord du GATT en 1947 pour réduire les douanes et stimuler le commerce mondial avant la création de l’OMC en 1995. Une nouvelle période s’ouvre avec l’hyperglobalisation, de 1990 à 2007, avec l’entrée de la Chine et de l’Inde. Durant cette période, l’économie américaine est frappée par le « choc chinois » et la désindustrialisation. Avec le temps, les conséquences sur le plan économique et social ont généré des inégalités au sein des populations au niveau mondial, créant ainsi des conditions favorables à la montée du populisme. L’histoire révèle que le protectionnisme de Donald Trump s’inscrit dans une tradition américaine ancienne : dès leur indépendance, les États-Unis ont toujours cherché à protéger leurs industries face à la concurrence étrangère. Le multilatéralisme de l’OMC semble aujourd’hui ne plus répondre aux intérêts et à la vision des Etats membres. L’hyperglobalisation étant allée trop loin, de nombreux accords commerciaux régionaux se sont mis en place (380 en vigueur notifiés à l’OMC). Face à cette mondialisation fragmentée, l’Europe doit retrouver une souveraineté industrielle pur faire face au protectionnisme américain et au « rouleau compresseur chinois ». Dans la dernière partie du livre, les auteurs proposent deux axes majeurs de réflexions sur la réindustrialisation du continent et la décarbonation accélérée de son système productif. Un livre à la fois économique et historique, offrant au lecteur une analyse approfondie des déséquilibres mondiaux qui pèsent sur l’Europe, afin qu’elle puisse reprendre en main son avenir économique et politique. Éric KESLASSY est docteur en sociologie économique (Paris-Dauphine). Après avoir longtemps enseigné l’économie et la sociologie à Sciences po, il est professeur d’économie et de sciences sociales en classe préparatoire à La Prépa Autrement (LPA). Christophe RODRIGUES est professeur de chaire supérieure en économie et en sciences sociales. Il enseigne en classe préparatoire au lycée du Parc de Lyon et dans le CPES de l’École normale supérieure de Lyon. Note de lecture réalisée par Sophie FRIOT

DESAUNAY Cécile, La société des besoins. Collection manifestô,155 pages.
Après la parution de son premier ouvrage, publié en 2021, consacré à la Société de consommation, l’auteure livre ses réflexions sur l’évolution du consumérisme en France. L’analyse des dernières données nationales reflète une tendance lourde d’un tassement progressif de la consommation, l’inflexion s’explique par la conjonction de plusieurs paramètres : une population vieillissante aux besoins largement satisfaits, une saturation des besoins matériels et des ménages de plus en plus contraints. Paradoxalement notre société est globalement riche mais les besoins fondamentaux de tous les individus ne sont pas satisfaits. Mécaniquement ce taux d’insatisfaction devrait progresser avec la diminution du pouvoir d’achat et un coût de la vie qui ne cessera d’augmenter. Cette détérioration des conditions de vie, les contraintes environnementales et climatiques, pèseront de plus en plus fortement dans nos comportements et nos décisions, sources de tensions entre individus et au-delà entre citoyens et la puissance publique, exigeront des arbitrages et une nouvelle approche de satisfaction des besoins matériels et immatériels. La satisfaction des besoins fondamentaux, matériels ou immatériels, dans ce contexte de contraction de l’économie demandera une inversion de la pyramide actuelle des Besoins (Base) et des écosystèmes naturels (Sommet), par une nouvelle hiérarchisation : besoins des écosystèmes naturels (Base) et Economie (Base). Ce renversement de priorités se traduira par un changement profond pour les consommateurs, les producteurs et par des incitations fortes de la sphère politique pour d’une part, satisfaire aux objectifs environnementaux de 2050 (Neutralité carbone) en développant plusieurs actions : l’économie circulaire, le recyclage, l’occasion plutôt que le neuf, la conception des produits, le développement des services, la taxation des produits et services à fort impact environnemental, quotas globaux et individuels … Et d’autre part satisfaire les besoins fondamentaux, en n’excluant pas le recours à une taxation plus pénalisante sur les revenus, la propriété, l’héritage … L’auteure s’appuie sur les études et projections de l’ADEME, sur l’avis de certains experts nationaux et puise abondamment dans la littérature internationale. Questionnement : la transposition de la trajectoire voulue pour la France nécessiterait pour être exportée, même au sein de l’Europe, beaucoup de pédagogie tant les situations et les intérêts nationaux peuvent diverger et même s’opposer. Certains points efleurés demanderaint plus d’approfondissement sur les impacts carbone, environnementaux, sociaux et sociétaux sur de nombreux dossiers : voiture électrique, traités internationaux sur l’agriculture, énergies intermittentes…. Cécile Désaunay, directrice d’études à Futuribles. En 2021 dans la collection Manifestô « La société de déconsommation, la révolution du vivre mieux en consommant moins » Hubert ALCARAZ

DE LA LA CONSOMMATION INDIVIDUELLE EFFECTIVE REVELATRICE
POLITIQUE ECONOMIQUE DE LA FRANCE Jean-Jacques Pluchart Les français ont été récemment surpris par la publication du dernier rapport de l’OCDE sur les niveaux de consommation de ses 38 États-membres. L’enquête a révélé que, sur la base de la Consommation Individuelle Effective (CIE) par habitant , la France se situe au 13e rang des pays occidentaux, notamment après les États-Unis, le Luxembourg, la Norvège, la Suisse et le Royaume Uni, mais également après le Mississippi, considéré comme l’État américain le plus pauvre. Bien que modeste, ce rang demeurait toutefois meilleur que le classement au 25e rang de la France sur la base de son PIB en parité de pouvoir d’achat. Ce triste constat a donné lieu à des débats entre économistes aux États- Unis et en France, auxquels ont participé notamment le Prix Nobel Paul Krugman. La controverse a surtout porté sur l’indicateur le plus approprié pour mesurer la consommation d’un ménage, pour la comparer entre pays et pour suivre son évolution. L’indicateur le plus simple et le plus ancien est le Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant, qui mesure la création de valeur produite sur un territoire au cours d’une année (exprimée en valeur courante ou en parité de pouvoir d’achat ou PPA). Un autre marqueur courant est le Revenu National Brut (RNB), qui couvre le revenu des agents nationaux net d’amortissement du capital, et surtout le Revenu Disponible Brut (RDB) qui inclut les revenus d’activité (salaires, revenus des indépendants…), les revenus du patrimoine (loyers, dividendes, intérêts), les prestations sociales reçues (allocations familiales, retraites, chômage…) et les impôts directs (impôt sur le revenu, CSG, CRDS). Le RDB est généralement calculé par Unités de Consommation (équivalences au sein d’un ménage). Mais le ratio considéré aujourd’hui comme le plus pertinent dans les comparaisons internationales est l’indicateur de la Consommation Individuelle Effective (CIE) par habitant, qui cumule trois composantes : la dépense de consommation finale des ménages (en alimentation, logement, transport, loisirs…) ; la dépense de consommation finale des ISBLSM ou Institutions Sans But Lucratif au Service des Ménages (associations caritatives, syndicats, cultes…) ; la part des Dépenses Publiques Individualisables ou DPI (attribuable à un ménage précis, contrairement aux dépenses collectives comme la défense ou la justice). Les DPI intègrent la santé, l’éducation, l’action sociale et le logement social, la culture et le sport (subventionnés). Les dépenses collectives (défense nationale, police, administration générale, recherche fondamentale…) servant la collectivité dans son ensemble, sont exclues. Les évolutions comparées au cours des dix dernières années du PIB en PPA et du CIE sont particulièrement éclairantes. Elles montrent que la France recule régulièrement dans la classement sur la base du premier indicateur mais qu’elle reste stable sur la base du second, ce qui reflète le recul relatif (comparé aux autres pays) de la production et du revenu brut des français , mais que ce déclin est compensé par une augmentation des transferts sociaux sous toutes formes. Ce constat vient confirmer la politique des derniers gouvernements français qui se sont succédés depuis une dizaine d’années. Leur politique , plus que dans la plupart des autres pays de l’OCDE, est demeurée axée plus sur la consommation que sur la production. Cette « exception française » – comme toutes les exceptions – risque toutefois de n’être plus longtemps soutenable.

Pierre Marie AUBERT, Vers un nouveau Modèle Agricole, Eds Odile Jacob, 2025, 224 pages.
L’auteur présente un nouveau modèle agricole, dont les protagonistes sont à la fois les agriculteurs et les consommateurs. Il suggère que les futurs consommateurs doivent s’adapter en changeant leur alimentation avec plus de fruits et légumes et moins de viande. Son alternative : payer le cas échéant plus cher les produits du commerce avec une production plus saine, tout en en limitant les pesticides tout préservant voire en augmentant les rendements. L’auteur montre que ce modèle, s’il a permis d’accroître considérablement les rendements, a également engendré des coûts environnementaux, sociaux et économiques importants. Il souligne notamment l’épuisement des sols, la dépendance aux intrants, la perte de biodiversité et la fragilisation des exploitations agricoles. Il propose une transformation progressive du système agricole reposant sur une meilleure prise en compte des équilibres écologiques et sur une réduction de la dépendance aux ressources externes. Il insiste sur la nécessité de repenser les politiques publiques afin d’accompagner réellement les agriculteurs dans cette transition. Le changement de modèle ne peut pas reposer que sur la responsabilité individuelle des exploitants. L’agriculture être davantage intégrée à son environnement Cet ouvrage bien documenté sur les nouveaux modèles agricoles et sur les marchés agricoles mondiaux , n’aborde toutefois pas la grande distribution, car le coût moyen de production des produits agricoles ne s’élève qu’à 8% du coût final du produit. Par ailleurs, la bibliographie mentionnée à la fin de chaque chapitre reste lacunaire . Un député européen, Pascal Cantin, apporte son soutien dans sa préface à la lecture de ce livre issu de travaux réalisés à l’IDDRI ), dont l’auteur dresse une synthèse des problématiques traitées par cet institut. Pierre Marie Aubert est Ingénieur AgroParisTech et responsable de programme à l’IDDRI (un Think Thank) faisant des études sur ces sujets avec un aspect politique et international. Pona SAMNIK

Pierre-Antoine DONNET, Chine, la défaite de l’Occident, Editions de l’Aube 230 pages.
Depuis plus de deux décennies, les fidèles lecteurs et auditeurs de Pierre -Antoine DONNET, reconnu au fil des années comme l’un des grands experts du monde chinois et de l’univers asiatique, attendent avec curiosité leur rendez- vous annuel avec la nouvelle parution de leur auteur préféré. Et à chaque fois , leur patience est récompensée par la parution du nouveau « AP Donnet » de l’année, ouvrage lumineux qui éclaire la géopolitique mondiale et l’univers chinois avec à chaque fois un point de vue nouveau . La biographie de l’auteur est impressionnante, marquée d’une immense culture enrichie du regard du journaliste , (ancien rédacteur en chef de l’AFP et actuellement de l’Asia magasine, qui est ttaché à couvrir à la fois les tenants et les sous -jacents de la politique chinoise, comme les données géopolitiques des relations visibles ou sous-terraines qu’elle entretient avec ses alliés et ses compétiteurs mondiaux. Cette nouvelle parution resonne comme un signal d’alerte pour toutes les démocraties endormies et flétries par trop d’arrogance et de naïveté : «.un danger aussi bien mortel qu’imminent pour l’Europe et son Industrie face à la machine de guerre chinoise ». Comme l’avait déjà largement anticipé son illustre prédécesseur Alain Peyrefitte*, La Chine s’est non seulement réveillée, mais a conduit un véritable tsunami économique et technologique faisant d’elle «le premier géant économique et commercial mondial devant les Etats-Unis, véritable usine du monde et bientôt son laboratoire» . Aussi la thèse centrale que soutient l’auteur reste que la véritable menace sur le long terme, pour l’ Occident, n’est pas la Russie « partenaire certes incommode », mais la Chine. Dans ses six chapitres brillamment documentés, Pierre Antoine Donnet illustre sa conviction par l’analyse des causes et des conséquences de la stratégie chinoise, entre , un sentiment d’humiliation (l’Occident ne l’a pas prise au sérieux), entraînant un désir de revanche, le rêve d’un réveil « pacifique » entretenu par la cécité de nos élites, la méfiance structurelle du « régime » envers le modèle démocratique qu’il discrédite constamment pour semer le chaos, l’obsession de la stabilité du système « à parti unique », entraînant un contrôle absolu de l’information (700 millions de caméras de surveillance) …. La fascination pour le gigantisme et l’aventure de la démesure … Dans ce jeu de Go géopolitique, la Chine peut compter sur la vassalisation de fait de la Russie et l’aveuglement du président américain, « le dindon de la farce », plombé par son intempérance et son ego démesuré. Cette menace avance le plus souvent à bas bruit, dans des logiques d’influences et de domination où elle excelle , mais les objectifs et les ambitions planétaires de Xi Jinping restent clairement de devenir la première puissance mondiale : elle avance vers son objectif avec patience, avec une monnaie sous-évaluée, tout en attaquant frontalement et déloyalement l’industrie européenne et occidentale, en se réarmant intensément , et en se préparant à un conflit de longue durée, incluant la conquête par blocus de Taiwan et la prise du contrôle du Pacifique . Face à ces réalités dérangeantes et douloureuses, la question de la fin de la partie se pose pour l’Occident. A -t-il déjà perdu ? Le point de non -retour est proche… mais l’auteur veut croire qu’il reste pour retrouver une « place d’équilibre » dans la compétition en cours ; ce dernier recours passe par une coopération entre toutes les démocraties, européennes et asiatiques pour construire ensemble des convergences stratégiques en partage de leurs valeurs communes et avec un regard sur la Chine « débarrassé de nos naïvetés ». Pierre-Antoine DONNET est ancien rédacteur en chef central de l’Agence France-Presse, rédacteur en chef d’ASIA magasine. Expert reconnu du monde chinois, auteur d’une impressionnante collection d’ouvrages de référence (dont le choc Europe Asie en 1998, Chine le grand prédateur en 2021) et lauréat de nombreuses distinctions, dont le grand prix Turgot des directeurs financiers en 2021 . Jean Louis CHAMBON *Alain Peyrefitte, Quand la Chine s’éveillera .. le monde tremblera, Fayard,1973.