Cet hommage monumental et inédit rendu à l’œuvre du professeur Alou Keïta, linguiste burkinabè , ne porte pas sur des problématiques économiques et financières, mais il mérite cependant l’attention des lecteurs de notre blog, car il témoigne de la vitalité de la recherche africaine. L’ouvrage restitue les actes d’un colloque organisé en septembre 2024. Il réunit 92 articles couvrant deux thématiques : l’analyse des discours africains ; la littérature et la société africaines contemporaines.
Le 1er tome porte sur la phonologie, la syntaxe, l’énonciation, la lexicologie et la terminologie des langues africaines. Les auteurs s’efforcent de documenter les usages et les dynamiques de ces nombreuses langues, qui sont insuffisamment contextualisées et documentées. Ils se livrent à une analyse des discours des peuples africains qui recouvrent des narratifs illustrant les actions humaines influencés par différentes normes, des valeurs et des codes sociaux. Les travaux mettent en lumière la pluralité des pratiques discursives africaines, qu’elles soient publiques ou privées, institutionnelles ou sociales. Dans un contexte international marqué par des tensions et des affirmations identitaires plus ou moins contradictoires, les travaux d’Alou Ketta, de ses collègues et elèves, illustrent la fertilité des terrains de recherche africains.
Le 2e tome porte sur le langage, moyen de communication et vecteur d’apprentissage. Les articles analysent les rapports entre langue, société et éducation. Les articles analysent les rapports entre Ils langue, société et éducation. Leurs auteurs s’efforcent de mesurer l’influence de la littérature sur l’apprentissage de la langue et l’éveil des consciences. Sa pratique est influencée, en Afrique plus qu’ailleurs, par le statut social des locuteurs. Les auteurs montrent que l’apprentissage de la langue exerce un rôle central dans l’éducation des peuples d’Afrique et notamment de sa jeunesse, qui représente plus d’un tiers de sa population.
Cet hommage à un grand linguiste africain s’inscrit dans le courant de pensée ouvert par Saussure (le signifiant et le signifié), Chomsky (le caractère inné du langage ), Orwell (la nov’langue), Lacan (le langage de l’inconscient) et Damasio (le langage de l’IA).
Jean-Jacques Pluchart



