Ce petit opuscule a le mérite de présenter les nombreux travaux scientifiques consacrés aux thèmes et aux pratiques relevant de l’économie et des cultures populistes dans le monde. Les auteurs en déclinent les nombreuses définitions et approches idéologiques, discursives, socio-culturelles et économiques. Ils rappellent les histoires et analysent les programmes de leurs trois principaux courants, de gauche (LFI en France), de droite (le RN)et du centre (les « gilets jaunes »). Le premier fonde son programme sur une critique du néo-libéralisme, une lutte contre les inégalités et un certain communautarisme. Le second concentre ses actions sur un repli identitaire et un souverainisme. Le troisième fustige les élites et la fiscalité.
Les auteurs présentent notamment les travaux de Downs, selon lequel les populismes reposent sur « une ignorance et une irrationaité rationnelles », car les programmes populistes sont fondés sur des raisonnements à la fois sommaires et orientés. Ils ne recherchent qu’un « consensus démocratique minimal ». Les économistes populistes s’efforcent dans l’ensemble de démontrer que le progrès technique favorise le capital et détruit le travail, et que la désindustrialisation- facteur de chômage et d’inégalités – résulte d’un contrôle insuffisant des importations (non conformes aux normes nationales et internationales).
Les recherches socio-culturelles attribuent la montée des populismes de droite aux peurs du déclin des valeurs traditionnelles ou confessionnelles, et surtout, du déclassement social. Les auteurs souligent également le rôle partisan de certains médias et réseaux sociaux. Les mouvements de droite comme de gauche se livrent à un « populisme de plateforme » grâce à l’IA.
Dans une dernière partie, les auteurs présentent une cartographie des mouvements populistes américains (nord et sud) et européens (ouest et est), en fonction de leurs idéologies plus ou moins non-alignées. Ils analysent les résultats des principales études scientifiques (notamment d’économistes nobellisés), montrant que tous les programmes radicaux des populistes ont échoué et ont entrainé un recul d’au moins 10% du PIB du pays sous domination populiste sur une période de 10 ans. Les auteurs s’interrogent si des « démocraties illibérales » sont viables à long terme.
Alexandre Chirat est enseigant-chercheur à l’université de Besançon. Gilles Ivaldi est chercheur au CNRS et Emilie Sartre est professeure à l’Université de Nottinham.
Jean-Jacques Pluchart


