Le livre part du constat d’une crise profonde de la perception du travail par nos contemporains. Autrefois, le travail était considéré comme faisant partie d’une condition humaine, gagner sa vie à la sueur de son front. Il fut ensuite vécu comme la participation de tous à un progrès collectif qui pouvait profiter à chacun. Aujourd’hui le travailleur a le sentiment d’être balloté au milieu de considérations et de mutations non négociables, subies plus que choisies. Le contexte social et moral marqué par l’affaiblissement de tous les repères collectifs et la prédominance de l’individualisme auto référentiel ne fait qu’aggraver le mal être que génèrent la désindustrialisation depuis près de 30 ans et maintenant la perspective d’une IA qui réduira apparemment encore le besoin de travail humain.
Les auteurs se proposent alors de montrer que la fin du travail est une chimère (aussi chimère que la fin annoncée de l’histoire, il y a trente ans). Ils décrivent comment et pourquoi malgré des volontés de « restaurer la valeur travail », et autres slogans, des choix collectifs, politiques, fiscaux, sociaux ont eu pour effets de déconsidérer le travail, le gêner, le taxer sans aider les entreprises à faire partager par leurs salariés une quête de sens unificatrice.
Au total, un livre écrit par des praticiens, Bertrand Martinot est un spécialiste de la question du chômage, des politiques de l’emploi et du dialogue social. Il a reçu le Prix Turgot 2014 pour un précédent livre Chômage : inverser la courbe. Il a été conseiller social à la Présidence de la République de 2007 à 2008, délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) de 2008 à 2012, puis directeur général adjoint de la région Ile-de-France en charge du développement économique, de l’emploi et de la formation jusqu’en 2019. Franck Morel est avocat en droit du Travail. Conseiller du Premier ministre Edouard Philippe et de quatre ministres du travail (Xavier Bertrand, Brice Hortefeux, Xavier Darcos et Eric Woerth). Les deux auteurs sont experts associé à L’Institut Montaigne.
Hubert Rodarie


