
Daniel HUSSON, Climat, de la confusion à la manipulation, L’Artilleur, décembre 2024, 192 pages
« Dans la vie, rien n’est à

FARAH Frédéric, No Frexit, Ce que les jeunes pensent de l’Europe. Eds Fayard, 154 pages.
L’auteur aborde le sujet européen en

L’IA et le droit de la propriété intellectuelle
Le cabinet juridique Debouzy a organisé

L’héritage de Turgot : les leçons de Turgot…
Lorsqu’on relit l’histoire économique de la

Bruno COLMANT, Laurent HUBLET, Marie VANCUTSEM., Changement de quart, Eds Chronica, 2025, 172 pages
L’ouvrage réunit les représentants de trois

Ferghane AZIHARI, les écologistes contre la modernite. Le procès de Prométhée, La Cité 208 pages.
Ferghane Azihari est le fils d’émigrés

Daniel HUSSON, Climat, de la confusion à la manipulation, L’Artilleur, décembre 2024, 192 pages
« Dans la vie, rien n’est à craindre, mais tout à comprendre, (Marie Curie) » La question de l’inquiétude climatique, une affaire émotionnelle et anxiogène, qui ne date pas d’hier ! Pour ces raisons, elle nécessite davantage de clarté et l’expression d’un argumentaire non exclusivement basé sur des extrapolations linéaires. En effet, le rapport du GIEC de mars 2023 qui annonce un cataclysme terrestre est jugé binaire, politique et exagérément alarmiste par l’auteur. Ses ambitions nous confrontent à une problématique de l’extrême urgence en matière de décarbonation. La France se dit Carbo-vertueuse en rejetant 1% du CO2 mondial. Pourtant, on observe que les agissements des nations ne sont pas synchrones. Sur la base de ce constat, le physicien Daniel HUSSON rentre dans cette confrontation bien décidé à démêler le vrai du faux. Il présente en 13 chapitres argumentés et perspicaces, l’importance du retour à la raison pour modérer les peurs engendrées, en chaussant d’autres lunettes pour appréhender les changements cycliques qui expliquent la structure des mouvements et des causes. Il précise à cette occasion que le système climatique de la planète est une mécanique de nature océanique, qui explique tout à la fois la stabilité de l’atmosphère sur une longue période et les oscillations erratiques dans les océans, de la variabilité du climat. Car : C’est l’Océan qui dicte sa loi à l’Air. C’est ainsi ! Il est établi que les climats ont changés naturellement et sans discontinuer depuis l’origine des temps. La Nature fixe les lois et les Humains en font partie. Tant que le soleil brillera, et que l’inclinaison de l’axe de la toupie Terre demeurera et que le mouvement de la précession des équinoxes se poursuivra, le Pôle restera un point froid et l’Equateur un point chaud. Ce plaidoyer est comme une lame prête à crever les baudruches qui prospèrent ici et là pour culpabiliser les hommes au détriment d’autres justifications. Ne pas céder à la panique entretenue, dédramatiser, avoir recours à une pluralité de points de vue, remettre les choses en perspective et les pendules à l’heure, voilà le but affiché par ce livre instructif. . Daniel HUSSON, est Physicien, enseignant, chercheur, formateur à l’agrégation de physique depuis 1992. Il enseigne la thermodynamique et la Relativité d’Einstein à l’Université de Strasbourg. Auteur et co-auteur de plus de soixante-dix publications scientifiques de niveau international, il a aussi fait paraître l’ouvrage Les Quarks, histoire d’une découverte (Ellipses) Freddi Godet des Marais

FARAH Frédéric, No Frexit, Ce que les jeunes pensent de l’Europe. Eds Fayard, 154 pages.
L’auteur aborde le sujet européen en sondant les opinions de ses élèves lycéens de Seine-Saint-Denis, des lycéens du 5ème arrondissement de Paris et des étudiants de Tolbiac. Les jeunes sont-ils passionnés par le projet européen ? Se sentent-ils plutôt Européens que Français ? Connaissent-ils les institutions européennes ? Les lycéens de Bagnolet sont en grande majorité, issus de l’immigration et vivent dans un contexte familial difficile (certains parents sont au chômage). Ils remarquent que l’Europe peut-être un marché offrant des opportunités. Compte tenu de sa présence dans le monde médiatique, la BCE est perçue comme une institution de régulation monétaire. Cependant, les autres institutions européennes sont moins bien connues : le Parlement, la Commission, le Conseil. L’espace Schengen est mis en avant pour le côté pratique des déplacements en Europe. Notons, que tous n’ont connu que l’euro, ce qui facilite les échanges. Le programme Erasmus. Bien qu’ils soient d’origines sociologiques différentes (milieu social plus aisé), les élèves de classes préparatoires (Paris 5e et 16e arrondissement) adhèrent à l’idée d’Europe qui facilite le commerce entre ses membres. Les étudiants de Tolbiac ont une approche un peu différente : ils connaissent mieux les divers rouages de l’institution. Comme leurs collègues de classes préparatoires, ils reconnaissent l’importance du rôle joué par la Banque centrale européenne (BCE). Ils relèvent également l’intérêt de l’action collective menée lors des crises financières et de la pandémie du covid. En conclusion, aucun groupe d’étudiants n’a évoqué l’idée d’un « Frexit ». Il faut d’abord remarquer que les étudiants voient le côté pratique de l’Europe du fait de l’existence du programme Erasmus leur fait prendre conscience de leur appartenance à l’Europe : c’est un moyen de s’ouvrir à d’autres horizons et à d’autres cultures. Sa création remonte à 1987. Ces jeunes sont nés après la création de l’Europe et de l’euro : il ne leur viendrait pas à l’esprit de remettre cela en cause. Un point particulier amène des remarques négatives : l’aspect social. En effet, à cause de la concurrence commerciale entre membres, ils craignent que les salariés payés au smic puissent se retrouver au chômage. Certaines industries sont délocalisées vers les pays qui pratiquent des salaires plus bas. Ce livre nous amène au plus près des préoccupations de ces jeunes : il faut les écouter et les éclairer sur le chemin de l’Europe. Ce sont eux qui seront les acteurs des prochaines avancées européennes. Frédéric FARAH est professeur de sciences économiques et sociales, enseignant en classes préparatoires et à l’université de Paris 1 Panthéon Sorbonne. Renzo BORSATO

L’IA et le droit de la propriété intellectuelle
Le cabinet juridique Debouzy a organisé une série de conférences sur les enjeux de l’IA générative, destinées aux juristes d’entreprises et aux managers. Le club Turgot a été convié le 18 novembre 2025 à la conférence animée par les avocats Desrousseaux et Pérot, spécialistes du droit des brevets et des droits d’auteur. Les deux avocats soutiennent que les problèmes juridiques différent selon les phases du processus de création de valeur par l’IA : les collectes des données par les agents de l’IA, les apprentissages par des logiciels (sous forme de textes, images, voix ou sons, videos, codes) et l’exploitation des applications grace aux questions des utilisateurs (prompts). Le règlement général de l’UE sur la protection des données (RGDP) édicté en 2016, régit en Europe la façon dont les données à caractère personnel des personnes physiques peuvent être traitées et transférées. Il a été renforcé en 2024 par certaines dispositions du règlement européen sur IA Act. Aux Etats Unis, les données sont notamment protégées par la loi Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism Act (USA Patriot Act). En principe, les données sont sous opt-out et ne font c pas l’objet d’opt-in (données protégées non exploitables). Elles sont alors en principe utilisables en phase d’apprentissage de l’application, mais en phase d’exploitation, elles ne peuvent être reproduites intégralement en réponse aux prompts des utilisateurs. Elles ne peuvent être transformées ou reproduites que partiellement. Des marquages numériques des créations ou des inventions permettent de mieux identifier les données traitées. Au stade de l’exploitation des résultats de l’application, il est diffcile de mesurer leur degré de création ou d’invention. Les deux avocats constatent une multiplication des contentieux pour contrefaçon ainsi que des négociations ou des transactions en vue du partage de la valeur créée par l’IA à partir d’inventions brevetées ou de créations intellectuelles protégées. La tendance serait à la négociation plutôt qu’au contentieux car la contrefaçon est difficile à démontrer. Dans l’ensemble, les avocats estiment que les réglementations actuelles des brevets, des droits d’auteur et du secret professionnel sont suffisantes pour protéger les inventeurs et les créateurs. La mutiplication des affaires jugées et des cas d’usage devrait suffire à établir une jurisprudence et à stabiliser les pratiques. Jean-Jacques Pluchart

L’héritage de Turgot : les leçons de Turgot…
Lorsqu’on relit l’histoire économique de la France, on a l’impression qu’à chaque époque, une voix a rappelé les mêmes vérités simples : on ne dépense pas ce qu’on n’a pas, on ne joue pas avec la monnaie, et on ne fonde pas la prospérité sur des promesses ou des paris. Turgot, Jacques Rueff et Jean-Marc Daniel ont incarné cette fidélité au réel. Chacun, dans son siècle, a défendu l’idée que l’équilibre des finances publiques n’est pas un carcan mais une condition de liberté. Leur héritage a traversé le temps et il a tracé un fil rouge qui va du XVIIIᵉ siècle jusqu’à aujourd’hui. Turgot, la rigueur comme point de départ Lorsque Turgot a été nommé contrôleur général des finances, il a trouvé un État en désordre budgétaire. Il a refusé les privilèges et dénoncé les gaspillages. Son mot d’ordre se retrouve dans ses Réflexions sur la formation et la distribution des richesses (1766), où il écrit : « On ne crée pas de richesse en distribuant ce qu’on n’a pas. » Cette phrase, souvent citée, résume davantage une philosophie qu’un concept économique : la rigueur n’est pas une manie comptable, c’est une exigence morale. Pour lui, le déficit est une injustice léguée aux générations futures. Dans une France engluée dans les rentes et les privilèges, il a défendu la liberté du travail, la libre circulation des grains et la suppression des corvées. Jacques Rueff, le gardien de la vérité monétaire Un siècle et demi plus tard, Jacques Rueff a repris le flambeau. Lui aussi a vécu dans un monde d’illusions : celle d’un keynésianisme mal compris et du financement du déficit par la création monétaire. Aux côtés du général de Gaulle, il participe en 1958 au redressement budgétaire de l’économie française. Pour lui, la dette publique n’est pas un simple chiffre, mais une faute politique. Dans L’Ordre social, il écrit : « On ne crée pas d’ordre en défiant les lois naturelles de l’économie. » L’équilibre budgétaire est, selon lui, un instrument de souveraineté : chaque déficit, chaque relâchement entraîne une dépendance. Il voit dans la monnaie un instrument moral avant d’être financier. Dans Le lancinant problème des balances des paiements, il prolonge l’esprit de Turgot : sans contrainte budgétaire, il n’y a pas de liberté durable. Rueff refuse le fatalisme : dans Le chômage et la monnaie, il démontre que le chômage est le résultat de rigidités accumulées. Il milite pour une plus grande flexibilité du marché du travail et pour la libre concurrence. Jean-Marc Daniel, la croissance par la liberté et la responsabilité Jean-Marc Daniel s’inscrit dans cette filiation. Économiste libéral, il tance la facilité keynésienne. Son œuvre s’inscrit dans une économie ouverte, mondialisée, où la tentation du repli et de la dépense publique demeure forte. Son combat intellectuel : rappeler que la croissance durable repose sur quatre piliers essentiels — le travail, l’épargne, la liberté (concurrence) et l’éducation. Chez lui, la rigueur se double d’une pédagogie. L’État ne peut pas produire la richesse, mais il en garantit les conditions : sécurité, justice, éducation, stabilité monétaire. L’économie n’est pas, selon lui, une machine : c’est un ordre moral fondé sur la vérité des prix fixés par la libre concurrence et la récompense de l’effort. En cela, Daniel est un continuateur de Turgot et de Rueff : il dénonce les dérapages budgétaires publics et estime que la prospérité ne se décrète pas, elle s’éduque. Philippe Aghion, la continuité créatrice Philippe Aghion prolonge cet héritage dans une autre dimension : celle de l’innovation. Là où Turgot plaçait la rigueur comme condition de la liberté et Rueff la monnaie comme clef de voûte de la prospérité, Aghion introduit la discipline de la créativité. S’inspirant de Schumpeter, il formalise la destruction créatrice : le progrès ne vient pas d’un État dépensier, mais d’un cadre stable où les entreprises peuvent innover, échouer et recommencer. Comme ses prédécesseurs, Aghion n’oppose pas l’innovation à la rigueur : il les relie. Sans institutions solides, sans éducation de qualité, sans incitations à l’effort et à l’investissement, il n’y a pas de progrès durable. En ce sens, il prolonge l’esprit de Turgot et de Rueff : libérer les énergies tout en maintenant la discipline des règles. Il rejoint Daniel dans l’importance de la connaissance et de l’éducation. Conclusion De Turgot à Rueff, de Daniel à Aghion, quatre voix, quatre siècles, une leçon : la discipline — qu’elle soit budgétaire, monétaire ou intellectuelle — n’est pas une option, c’est une condition politique. Le désordre économique prépare toujours le désordre social et, par conséquent, mène à la servitude, tandis que la rigueur ouvre la voie à la liberté. La pensée de Turgot a perduré parce qu’elle part du réel et refuse les mirages. Sa postérité demeure parce que la réussite ne consiste pas à hypothéquer l’avenir, mais à lui donner toutes les chances d’exister sans servitude. Relire Turgot, Rueff, Daniel et Aghion, ce n’est pas céder à la nostalgie, c’est retrouver, sous les débats du jour, les clés de la réussite pour notre économie. Références Benoit Frayer Novembre 2025

Bruno COLMANT, Laurent HUBLET, Marie VANCUTSEM., Changement de quart, Eds Chronica, 2025, 172 pages
L’ouvrage réunit les représentants de trois générations et de trois disciplines (l ‘économie, la philosophie et le journalisme), qui échangent librement sur les principaux « faits sociaux globaux » (au sens de Max Weber) survenus au cours du premier quart du XXIe siècle et sur les perspectives ouvertes sur le deuxième quart. Le débat porte sur cinq grandes thématiques : l’évolution démographique, les mutations technologiques et économiques, les recompositions politiques, la protection de la santé et le défi climatique. Les phénomènes qui ont le plus marqué la conscience mondiale depuis le début du siècle, sont la montée du terrorisme – marquée par l’attaque du World Trade Center de 2001 -, la crise financière de 2008 et le développement de l’IA depuis 2022. Ces événements ont suscité une remise en question des principes néolibéraux définis par le consensus de Washington. Le lancement du logiciel chatGPT a révélé la puissance de destruction créatrice des réseaux sociaux et de l’IA, et notamment, la capacité d’influence des applications numériques, la position monopolistique de leurs développeurs et le caractère spéculatif de leurs actions financières. Ces événements ont contribué à la montée des populismes et des régimes autoritaires. En Europe, ils ont provoqué une remise en question des modèles sociaux les plus permissifs et les plus couteux. Les auteurs reconnaissent que la projection de l’horizon 2050 est difficile. Ils entrevoient une « Europe sans doute plus grise », mais plus solidaire entre générations et au sein de chaque génération. Les auteurs appellent de leurs vœux une appréciation plus rationelle des impacts de l’IA sur l’organisation du travail et sur la vie sociale, une démocratie « plus participative et plus locale », une « réconciliation de la santé et des soins », ainsi qu’une transition climatique intégrant mieux les exigences du court et du long terme. Par la sagacité de leurs échanges, les auteurs invitent les lecteurs à réfléchir sur la maîtrise de leurs destins. Bruno COLMANT est économiste, enseignant et ex dirigeant d’institutions financières et membre de l’Académie Royale de Belgique. Laurent HUBLET et philosopohe et dentrepreneur. Marie VANCUTSEM est journaliste audioviuelle. Jean-Jacques Pluchart

Ferghane AZIHARI, les écologistes contre la modernite. Le procès de Prométhée, La Cité 208 pages.
Ferghane Azihari est le fils d’émigrés comoriens dont les parents « n’ont pas seulement fui la pauvreté matérielle.Ils ont aussi échappé à une pollution qui tue six à cinquante fois plus en Afrique subsaharienne qu’en Europe occidentale ». Dès l’introduction, le ton est donné de cette critique passionnante de l’écologie actuelle dans nos pays. Il démonte un à un les arguments déclinistes, malthusiens, et anticapitalistes de ces mouvements qui bien au chaud et à l’abri rêvent de redevenir des bons sauvages. Il démontre que loin de ravager la planète, le progrès technique auquel s’opposent les Greta Thunberg, Nicolas Hulot et consorts a permis d’améliorer grandement la condition humaine, y compris dans les pays les plus pauvres. Les chasseurs cueilleurs dans un monde rêvé ont en réalité plus détruit par leur surexploitation des ressources que l’agriculture a permis de réduire… Les progrès techniques et la révolution industrielle a permis petit à petit la réduction des pollutions dans les pays évolués ainsi que la réduction du temps de travail. La vraie solution est donc de croire en le progrès technique, associé à la propriété individuelle qui permet la protection des richesses par opposition à une propriété collective ou nul n’y a intérêt comme le montre l’état de la ZAD de Notre-Dame des Landes. L’écologie régressive est un luxe de pays riches, vat on imposer aux pays émergents au mieux de rester à leur niveau économique voir au pire de régresser ? L’auteur montre aussi que les écologistes profondes sont pour la plupart des anticapitalistes reconvertis après la perte de leur clientèle suite au progrès technique et social et que cela éclaire leur haine de la propriété et du progrès. Un ouvrage à contre-courant et finalement bienfaisant à l’heure ou les prophètes de malheur on presque seuls droit à la parole. Ferghane Azihari est analyste en politiques publiques, délégué géneral de l’académie libre des sciences humaines et membre de la Société d’économie politique. Christian Chouffier